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Beaucoup de vent

Ici, tu vois tout est tranquille

Ici, ça va, ça vole, ça coule

Et s’il n’y a pas les lumières de la ville

La lune, c’est pas nul comme ampoule

C’est pas mal, les étoiles, à l’aise

C’est pas rien, la terre le matin

Voir le soleil qui s’couche au creux d’une falaise

Et se lève là-bas sur un bouquet de thym

 

Et puis, puis surtout, bien souvent, très souvent

Y a des coups, des beaux coups, beaucoup d’vent

Dorénavant, toi qui vends, soi-disant, vends du vent

Tu feras moins le malin, l’important

Devant autant de vent

 

Ici, tu vois tout est sauvage

Ici, la garrigue, le rocher

Avec la vigne pour faire bon ménage

La vigne a l’esprit de clocher

Les clochers, ils ont la dégaine

De clochers d’églises mexicaines

Imperturbablement laissant tomber leurs plombes

De bronze sur les saisons et sur les tombes

 

Et puis, puis surtout, bien souvent, très souvent

Y a des coups, des beaux coups, beaucoup d’vent

Tour à tour vent émouvant, enivrant, déchirant

Allégresse et détresse qui s’mélangent

Vent de diable et vent d’ange

 

Et puis tout redevient paisible

Tu peux sortir ton cerf-volant

Et si ton chant passe à côté d’la cible

Autant, autant en emporte le vent

 

 

Auteur Claude Nougaro, compositeur Loïc Pontieux, © 1997 Éditions du Chiffre Neuf.

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