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Bidonville

Regarde-la ma ville

Elle s’appelle Bidon

Bidon, Bidon, Bidonville

Vivre là-dedans c’est coton

Les filles qui ont la peau douce

La vendent pour manger

Dans les chambres l’herbe pousse

Pour y dormir faut se pousser

Les gosses jouent mais le ballon

C’est une boîte de sardines, Bidon

 

Donne-moi ta main camarade

Toi qui viens d’un pays

Où les hommes sont beaux

Donne-moi ta main camarade

J’ai cinq doigts moi aussi

On peut se croire égaux

 

Regarde-la ma ville

Elle s’appelle Bidon

Bidon, Bidon, Bidonville

Me tailler d’ici, à quoi bon

Pourquoi veux-tu que je me perde

Dans tes cités, à quoi ça sert !

Je verrai toujours de la merde

Même dans le bleu de la mer

Je dormirai sur des millions

Je reverrai toujours Bidon

 

Donne-moi ta main camarade

Toi qui viens d’un pays

Où les hommes sont beaux

Donne-moi ta main camarade

J’ai cinq doigts moi aussi

On peut se croire égaux

 

Serre-moi la main, camarade,

Je te dis au revoir, je te dis à bientôt

Bientôt, bientôt,

On pourra se parler, camarade,

Bientôt, bientôt,

On pourra s’embrasser, camarade,

Bientôt, bientôt,

Les oiseaux, les jardins, les cascades

Bientôt, bientôt,

Le soleil dansera, camarade

Bientôt, bientôt,

Je t’attends, je t’attends, camarade !

 

 

(Berimbau), adaptation française Claude Nougaro (1966), paroles originales Vinícius de Moraes, compositeur Baden Powell, © 1963 Ipanema Music Corp.

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