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Clodi clodo

Litron dans la poche

Traînant la galoche

Voici que s’approche le clodo

Tous les quinze mètres

Minute, il s’arrête

Pour visser sa tête à son goulot

Sur un banc bien stable

De l’avenue Junot

Il se met à table

Sort son livarot

Et malheur aux mouches

Qui ont l’eau à la bouche

Il fait toujours mouche

Il les tue d’un rot

Clodi clodo

Clodi clodo

 

Ensuite il allonge

Sa carcasse et plonge

Plein comme l’éponge

L’est de l’eau

Dans une ronflette

Avec sa liquette

Hors de sa braguette antiporno

Car pour lui le sexe,

C’est plus qu’un tuyau

Fait pour qu’on déverse

Du Champagne chaud

Car pour lui, la femme,

C’est plus au programme

De sa vie d’infâme

Chiqueur de mégots

Clodi clodo

Clodi clodo

 

À part cette garce

Harnachée de crasse

Dont la seule grâce

Le seul joyau

C’est qu’elle semble faite

Pour payer les fêtes,

Sauciflard, baguette, tord-boyaux

Parfois il l’entraîne

Voir couler le flot

Du fleuve la Seine

Au pont Mirabeau

Quand la lune jaune

Camembert se donne

Ses airs de madone

D’avant Apollo

Clodi clodo

Clodi clodo

 

Soyons bonne poire

Versons un pourboire

Dans la patte noire du clodo

Pendant que tout foire

Lui sur la mer Noire

De son rouge pinard, oh ! hisse et oh !

Il craque et titube

Comme un vieux rafiot

En gueulant un tube

De tuberculo

Litron dans la fouille

Traînant sa gadouille

Il part en quenouille

Dans l’avenue Junot

Clodi clodo

Clodi clodo

 

 

Auteur Claude Nougaro, arrangement Marc Hemmeler (sur musique originale de Victor Meusy du chant « Les crapauds »), © 1980 Éditions du Chiffre Neuf.

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