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Elle s’appelle Naïve

Je suis amoureux d’une petite fille

Elle s’appelle Naïve

Pour la voir le mieux, je ferme les yeux

Alors elle arrive

On dirait de l’eau, de l’eau fraîche qui brille

Comme la salive des anges là-haut

Naïve, elle s’appelle Naïve

 

Elle me prend la main, sa main si petite

Dans ma grande main

Ses doigts dans ma paume, elle me dit : “ Viens

Viens voir mon royaume

C’est un vrai royaume qu’un secret défend

Car il ne rayonne qu’aux yeux des enfants. ”

Naïve, elle s’appelle Naïve

 

Je marche près d’elle, je vois ses prunelles

Se faire attentives

“ Je sens qu’on arrive ”, me dit-elle soudain

En lâchant ma main

Alors elle désigne en tendant le bras

Un nuage blanc joli comme un cygne

Elle me dit : “ C’est là que je veux qu’on vive. ”

 

Entourés de bleu comme dans une île

Une île qui voyage

On part tous les deux, plus légers qu’un cil

En plein ciel on nage

Sur notre nuage, radeau radieux

Et quand c’est l’orage, elle rit et je pleus

 

Et je fonds en larmes tellement c’est beau

De voir ma Naïve

Quand elle rit aux larmes dans l’éclair en armes

J’éclate en sanglots

Quand vient le désert

Un doigt sur la bouche

Sans en avoir l’air

Elle veut qu’on se couche

Naïve, elle s’appelle Naïve

Alors on s’endort sur le sable d’or

 

 

Auteur Claude Nougaro, compositeur Daniel Goyone, © 1990 Éditions du Chiffre Neuf.

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