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La mutation

Je te connaîtrai une nuit, petite,

Sous un ciel plein de satellites

J’aurai des cheveux en queue de cheval

Tu me prendras dans tes bras cerclés de métal

Tu seras l’homme et moi la femme

Ce sera la mutation

Tu m’embrasseras longuement, petite,

Sous un ciel plein de satellites

Tu me diras : “ Viens, j’ai envie de toi

Je te répondrai : – Je ne suis pas celui que tu crois ”

Tu seras l’homme et moi la femme

Ce sera la mutation

Je me dégagerai de tes bras, petite,

Sous le ciel plein de satellites

Je remettrai en place ma queue de cheval

Et le drapé de ma tunique virginale

Tu seras l’homme et moi la femme

Ce sera la mutation

Alors, tu me baratineras,

Quelle joie !

Tu me conteras fleurette,

Quelle fête !

Tu me feras des déclarations passionnées,

Quel pied !

Je te connaîtrai une nuit, petite,

Sous un ciel plein de satellites

J’aurai des cheveux en queue de cheval

Tu me reprendras dans tes bras cerclés de métal

Tu seras l’homme et moi la femme

Ce sera la mutation

Et tu arriveras à tes fins, petite,

Sous le ciel plein de satellites

Tu dénoueras ma queue de cheval,

Le drapé de ma tunique virginale

Et tu me feras un enfant, petite,

Sous le ciel plein de satellites,

Et neuf mois après tu m’abandonneras

En me laissant notre fils sur les bras

Et je dirai à notre fils, petite,

Sous le ciel plein de satellites :

“ Mon pauvre enfant, elles nous ont eus

Mais dans cent mille ans, et s’il le faut, un peu plus,

Viendra, patience,

Notre revanche

Ce sera la mutation… ”

 

 

Auteur Claude Nougaro, compositeurs Claude Nougaro et Maurice Vander, © 1966 Éditions du Chiffre Neuf et EMI Music Publishing France.

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