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Le petit oiseau de Marrakech

Le p’tit oiseau de Marrakech

A tous les jours toujours l’haleine fraîche

Quand il s’éveille réjoui

Il fait pipi et il pépie

Vous dire en deux mots ce qu’il dit ?…

Je n’entends goutte à son dialecte

Il appartient à une secte

Trop près du ciel sans sauf-conduit

Sachez toujours qu’il fait tutut

Et tututut dans le silence

La symphonie d’oiseaux commence

Sur ce poids plume de la flûte

L’arbre s’embrase de gosiers

Bruyants de contre-chants, de fugues

Le paradis fait une fugue

Sur Marrakech il s’est posé

Le p’tit oiseau de Marrakech

A tous les jours toujours l’haleine fraîche

Quand il s’éveille réjoui

Il fait pipi et il pépie

Il est tout neuf, tout gai, tout vif

Radieusement primitif

Il a fixé son port d’attache

À dix pieds du plancher des dattes

Ensuite l’homme reprendra

Du poil de la bête : Moteur !

Cours du dollar, goût de l’horreur

Qu’il soit nu-tête ou en chéchia

Le p’tit oiseau de Marrakech

Assis sur son tapis de feuilles

Attendra que le bon Dieu veuille

Ôter le noyau de la pêche

Il soupera d’un ver luisant

En tête à tête à la fauvette

Puis galipettes et navettes

Pour célébrer le jour suivant

Et se coucher dans le couchant

Et quand la nuit se met à poil

À vous renverser de vertige

Il dormira entre deux tiges

Les bras croisés sur une étoile

Le p’tit oiseau de Marrakech

A tous les jours d’amour l’haleine fraîche

Quand il s’éveille réjoui

Il fait pipi et il pépie

 

 

Auteur Claude Nougaro, compositeur Daniel Goyone, © 1987 Éditions du Chiffre Neuf.

 


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