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Les Don Juan

Ce qu’il faut dire de fadaises

Pour voir enfin du fond de son lit

Un soutien-gorge sur une chaise

Une paire de bas sur un tapis

Nous les coureurs impénitents

Nous les donjujus, nous les Don Juan

 

Mais chaque fois que l’on renifle

La piste fraîche du jupon

Pour un baiser, pour une gifle,

Sans hésiter nous repartons

La main frôleuse et l’œil luisant

Nous les donjujus, nous les Don Juan

 

Le seul problème qu’on se pose

C’est de séparer en deux portions

Cinquante-cinq kilos de chair rose

De cinquante-cinq grammes de nylon

C’est pas toujours un jeu d’enfant

Pour un donjuju, pour un Don Juan

 

Le mannequin, la manucure,

La dactylo, l’hôtesse de l’air,

Tout est bon pour notre pâture

Que le fruit soit mûr ou qu’il soit vert

Faut qu’on y croque à belles dents

Nous les donjujus, nous les Don Juan

 

Mais il arrive que le cœur s’accroche

Aux épines d’une jolie fleur

Ou qu’elle nous mette dans sa poche

Sous son mouchoir trempé de pleurs

C’est le danger le plus fréquent

Pour un donjuju, pour un Don Juan

 

Nous les coureurs du tour de taille

Nous les gros croqueurs de souris

Il faut alors livrer bataille

Ou bien marcher vers la mairie

Au bras d’une belle-maman

Pauvres donjujus, pauvres Don Juan

 

Nous tamiserons les lumières

Même quand la mort viendra sonner

Et nous dirons notre prière

Sur un chapelet de grains de beauté

En attendant le jugement

Nous les donjujus, nous les Don Juan

 

 

Auteur Claude Nougaro, compositeur Michel Legrand, © 1962 Éditions du Chiffre Neuf et Warner Chappell Music France.

 


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