Sa Majesté le Jazz
Avec un J de joie dans un D de détresse
Un A comme Amérique et l’Afrique au milieu
Et deux Z pour que les cuivres glissent mieux
Ouvrez les gaz, voici l’Altesse
Laissez passer Sa Majesté le Jazz
Avec un sax ténor qui sort de son étui
Comme une pipe d’or à fumer de la nuit
Un Titanic qui joue de la corne de brume
La trompette de Miles, épine de la lune
La nostalgie mélangée d’extase
Laissez passer Sa Majesté le Jazz
Avec sa voix blessée sous le satin de sa blouse
Avec ses veines bleues tatouées de piquouzes
Ses yeux de goutte d’eau à déborder les vases
Son dernier chant d’amour pour faire table rase
Lady the Blues est aussi son blaze
Laissez passer Sa Majesté le Jazz
Avec un écolier de craie, de croûtes et d’encre
Devant une T.S.F. de mil neuf cent quarante
Qui balance une musique venue du fond des tripes
Du fond de l’âme, du fond d’la caisse, du fond du slip
Toute la vie dans une phrase
Laissez passer Sa Majesté le Jazz
Auteur et compositeur Claude Nougaro, © 1984 Éditions du Chiffre Neuf.
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