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Toulouse

Qu’il est loin mon pays, qu’il est loin

Parfois au fond de moi se raniment

L’eau verte du canal du Midi

Et la brique rouge des Minimes

Ô mon païs, ô Toulouse…

 

Je reprends l’avenue vers l’école

Mon cartable est bourré de coups de poing

Ici, si tu cognes tu gagnes

Ici, même les mémés aiment la castagne

Ô mon païs, ô Toulouse…

 

Un torrent de cailloux roule dans ton accent

Ta violence bouillonne jusque dans tes violettes

On se traite de con à peine qu’on se traite

Il y a de l’orage dans l’air et pourtant

L’église Saint-Sernin illumine le soir

D’une fleur de corail que le soleil arrose

C’est peut-être pour ça malgré ton rouge et noir

C’est peut-être pour ça qu’on te dit ville rose

Je revois ton pavé ô ma cité gasconne

Ton trottoir éventré sur les tuyaux du gaz

Est-ce l’Espagne en toi qui pousse un peu sa corne

Ou serait-ce dans tes tripes une bulle de jazz ?

Voici le Capitole, j’y arrête mes pas

Les ténors enrhumés tremblaient sous leurs ventouses

J’entends encore l’écho de la voix de papa

C’était en ce temps-là mon seul chanteur de blues

 

Aujourd’hui tes buildings grimpent haut

À Blagnac tes avions ronflent gros

Si l’un me ramène sur cette ville

Pourrai-je encore y revoir ma pincée de tuiles

Ô mon païs, ô Toulouse, ô Toulouse…

 

 

Auteur Claude Nougaro, compositeurs Claude Nougaro et Christian Chevallier, © 1967 Éditions du Chiffre Neuf et EMI Music Publishing France.

 


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