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Berceuse à pépé

Tu vas mourir, tu vas t’éteindre

Comme une lampe de chevet,

Quand le matin commence à poindre,

Quand le bouquin est achevé

Dors en paix, pépé

 

Tu vas abandonner ton souffle,

Les taches rousses de tes mains,

Et repasser sans tes pantoufles

Le seuil du monde des humains

Dors en paix, pépé

 

Je ne m’en fais pas pour ton âme

Tu n’as à craindre nulle flamme

Bien que tu te sois dit sans Dieu

Tu peux, sans faire de grimace,

Regarder le soleil en face

Quand tu auras fermé les yeux

 

Un peu de toi s’en va descendre

Mais tout le reste va monter

Quitter cette vallée de cendres

Pour une planète d’été

Dors en paix, pépé

 

À belles dents, tu déjeunes

Le soir, tu soupes de peu

La vie nous aiguise en jeune

Puis elle nous déguise en vieux

 

Vas-tu connaître la recette

D’un repas qui coûte moins cher,

Et vas-tu faire la conquête

D’une beauté hors de la chair ?

Dors en paix, pépé

 

Où tu vas, je ne puis t’atteindre

Suis-moi si tu peux où je vais…

Déjà le jour commence à poindre

J’éteins ta lampe de chevet

Dors en paix, pépé

Dors en paix, pépé

 

 

Auteur Claude Nougaro, compositeurs Claude Nougaro et Maurice Vander, © 1966, Éditions du Chiffre Neuf, EMI Music Publishing France.

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