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Allée des Brouillards

Quand les hommes deviennent sages

Polis, polis trop polis

Et qu’ tu vois plus ton visage

Dans le miroir dépoli

De leurs yeux qui te traversent

Comme si t’étais pas devant

Ô femme, c’est que ta jeunesse

S’est envolée dans le vent

Le vent qui claque les portes

Le vent qui sait le vieil art

De larguer les feuilles mortes

Allée des Brouillards, allée des Brouillards

 

Tu peux prendre des bains d’mousse

Croquer des biscottes sans sel

Sur ta peau des lunes rousses

Ont viré tes lunes de miel

C’est fini, y a plus personne

Pour les caresses déplacées

Tu peux r’passer ton automne

À la vapeur du passé

Les bras tendus comme des tiges

Aux jeux des câlin-maillards

Tu s’ras seule jusqu’au vertige

Allée des Brouillards, allée des Brouillards

 

Mais de quel droit je t’inflige

Ce tableau désespéré

Tu pourrais être ma fille

Tu n’en as rien à cirer

L’hiver tu le fais craquer

Et lorsque tu seras vieille

Vers minuit, minuit un quart

J’te le dis au creux d’l’oreille

Il te reste un p’tit rancard

Si t’as pas le cœur trouillard

Mon fantôme est un gaillard

Allée des Brouillards

Allée des Brouillards

Des Brouillards

 

 

Auteur Claude Nougaro, compositeur Richard Galliano, © 1982 Éditions du Chiffre Neuf.

 


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