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Le balayeur du roy

Quand l’aurore paraît sur les toits

C’est moi qui balaie le palais du roy

Avec mon balai, mon plumeau

Je nettoie, je balaie le palais de bas en haut

 

Mon papa comme moi était balayeur du roy

Avant de fermer les yeux

Il m’a dit dans son adieu

Souviens-toi les palais et les chaumières

Les rois et les bergères

Tout n’est que poussière

 

Dans tout palais comme il se doit

Il y a une princesse

Quand je la vois

J’ai dans les doigts

Des fourmis de caresses

Toutes les nuits quand je m’endors

C’est d’elle que je rêve

Et chevauchant un balai d’or

Dans une poussière d’étoiles

J’l’enlève

Quand l’aurore parait sur les toits

Je replie mon beau rêve au creux de mes draps

Je r’prends mon balai, mon plumeau

Je r’nettoie, je r’balaie le palais de bas en haut

 

Le vieux roi pour sa fête

A fait sonner les trompettes

– Ma fille aura pour seigneur

Celui qui sortira vainqueur

D’un tournoi.

 

Le guerrier le plus fier

Devant qui les adversaires

Mordront la poussière

Fit venir des Attila

Des princes de lumière

L’air était rempli du fracas

De leurs joutes guerrières

Alors soudain n’y tenant plus

Sans cheval, sans bannière

Avec mon balai j’apparus

Et fit mordre à tous

La poussière

 

Quand l’aurore parut sur les toits

J’avais la princesse au creux de mes bras

Papa aurait vu le tableau

Il aurait avalé son balai et son plumeau

 

Qu’il me faut un balayeur

Je répondrai avec douceur :

« Ma chérie ce serait un grand malheur

Qu’un autre balayeur

Me balaie de votre cœur »

 

D’ailleurs pour parler clair

Moi seul ai la manière

Pour ôter la poussière

 

Demain quand l’aurore paraîtra

Qui voudra balayer le palais du roy

C’est moi, moi le roi.

 

 

 

© 1958 Auteur Claude Nougaro, Jean-Michel Arnaud.
Chanson interprétée par Marcel Amont.

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