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Le barbier de Séville

En m’asseyant dans mon fauteuil

Je remarquai en un clin d’œil

Que ma voisine était charmante

Mais elle était accompagnée

D’un mélomane renfrogné

À la barbiche menaçante

 

Almaviva et Figaro

S’entretenaient en bel canto

D’une enfant appelée Rosine

Emprisonnée dans la maison

D’un épouvantable barbon

Comme celui de ma voisine

 

Et c’est ainsi qu’au Barbier de Séville

Je pris un plaisir extrême

Que je n’eusse point

Que je n’eusse point

Trouvé dans la vie de Bohème

 

C’est d’abord pression légère

Du genou qui se resserre

Et comme la belle ne fuit pas ce contact

Je prendrai, prendrai sa main au deuxième acte

 

Attention car je vois la barbiche

Pointer, pointer sournoisement

Piano piano piano piano

Puisque ce vieillard me suspecte

Imitons le maintien du monsieur qui se délecte

 

En m’agitant dans mon fauteuil

Je commençai à faire mon deuil

De ma ravissante voisine

Lorsque soudain un ronflement

Vint troubler le recueillement

Pendant le grand air de Rosine

 

Le barbichu s’est endormi

Aux doux accents de Rossini

Et par une rencontre heureuse

À ce moment-là le ténor

En faisant trembler les décors

Presse Rosine sur sa poitrine

Mélodieuse

 

Et c’est ainsi qu’au Barbier de Séville

Je pris un plaisir extrême

Que je n’eusse point

Que je n’eusse point

Trouvé dans la vie de Bohème

 

Ce Figaro depuis une heure

Nous dit les lieux de sa demeure

Numéro vingt à la façade

La la la deuxième arcade

Oui mais l’adresse de ce barbier

Offre pour moi peu d’intérêt

J’aimerais mieux savoir la vôtre

Pendant que dort ce bon apôtre

 

Déjà mon âme

D’amour s’enflamme

Écrivez-la sur le programme

Douce espérance, douce espérance

Elle va tromper la surveillance

De son gardien sans vigilance

 

Ah ! Cher Figaro…

 

Allegro et prestissimo

Elle m’a donné son numéro

Son numéro de téléphone…

 

Et d’une voix au pur métal

C’est moi qui chante le final

Ce soir à l’Opéra Comique

 

 

© 1960 Auteur Claude Nougaro, compositeur Gioachino Rossini (adaptation d’un thème de Il Barbiere di Siviglia), arrangeur Jacques Datin.
Chanson interprétée par Marcel Amont.

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