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Le monsieur qui volait

Le monsieur qui volait

Moi, je connaissais

Quand j’avais huit ans

Le monsieur qui volait

Souvent il m’appelait

Quand j’étais enfant

 

Alors je levais les yeux

Il était là, gracieux

Suspendu dans l’air

Après un vol plané

Au-dessus de mon nez

Il touchait la terre

 

Pas plus fier qu’un moineau

Il prenait son envol

En battant des bras

Il volait assez haut

Pour un monsieur qui vole

De cette façon-là

 

Ah c’est une vieille histoire

J’avais huit ans

C’est pas hier

Et alors j’en parle pas souvent

Parce que les gens ont leurs soucis

Leurs tracas

Qu’est-ce que je vais leur parler

De mon bonhomme qui vole

Ça les intéresserait pas

Mais ce qui a de plus curieux

C’est que mon propre fils, Pierrot

Il a huit ans, Pierrot

À son tour

Alors à lui, j’en parle jamais

Parce que y’a que le twist

qui l’intéresse…

 

Le monsieur qui volait

Moi, je le connaissais

Quand j’avais son âge

Mais ce monsieur volant

Comme la plume au vent

Avait l’cœur volage

 

Il m’a laissé tomber

Avec ma bouche bée

Et mes yeux tout vides

Et depuis ce jour-là

Les oiseaux volent bas

Le ciel a des rides

 

Un jour où j’étais seul

J’ai tenté de voler

De mes propres ailes

Je me suis cassé la gueule

J’ai eu le poignet foulé

J’ai perdu mon zèle

 

Maintenant je me fais vieux

Je doute même du Monsieur

C’est si loin tout ça

J’devais être cinglé

Pour voir quelqu’un voler

En battant des bras

Comme ça

 

 

Auteur Claude Nougaro, compositeur Jacques Datin, © 1962 Les Éditions du Chiffre Neuf, Warner Chappell Musique France.
Chanson interprétée par Marcel Amont.

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