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Le mort

Un mort végétarien

Se portait comme un charme

Des violettes de Parme

Lui poussaient dans les reins

Les troupeaux engraissaient

Broutant ce mort fertile

Et les enfants des villes

Le buvaient dans leur lait

 

La terre était son ciel

Tous les morts sont athées

Et sont très peu portés

Sur le surnaturel

De beaux amants parfois

S’allongeaient sur sa place

Mais c’était une race

Dont il aimait le poids

 

Une guerre éclata

Sur le mort pacifique

Elle était atomique

Pour plus de résultats

Et le combat voulut

Qu’en cette place même

La bombe à hydrogène

Fit ses brillants débuts

 

Le mort fut arraché

Par ce beau coup de bèche

Dans la poussière sèche

Il se mit à marcher

Et tout ce qu’il restait

De la planète terre

C’était cette poussière

Et ce mort qui marchait

Qui marchait, qui cherchait

Comme cherche un aveugle

La déesse qui meugle

La racine à mâcher

Dans l’affreux frôlement

Des astres fantastiques

Dans d’atroces musiques

Qui cherchait les amants

Qui cherchait, bousculé

Par l’épaule des mondes

Entrainé dans les rondes

Des feux ensorcelés

Qui cherchait les enfants

Les enfants de la ville

Buvant avec leurs cils

De grands bols de lait blanc

 

 

 

Auteur Claude Nougaro, © 2005 Miss Terre.

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