Le porte-plumes
Chacun et chacune
ici-bas porte sa croix.
Moi, j’porte des plumes
sur le quai numéro trois.
Y en a, c’est du coton
y en a, c’est des barils
moi j’porte des plumes
d’oiseaux des îles.
Un kilo de plumes
on peut le croire moins lourd
qu’un kilo d’enclume
ou qu’un kilo de cœur lourd.
Eh bien prenez mon sac
de plumes sur votre échine
et dansez maintenant
le Lac des Cygnes.
Je suis un porte plumes
pourtant quand je veux écrire
à Maria la Brune
je vais trouver Casimir.
C’est mon plus cher ami
car il sait comment on doit
faire parler d’amour
une plume d’oie.
Quand j’ai le dos qui fume
sous le grand soleil de plomb
et que mon sac de plumes
me fait traîner les talons,
alors je lève les yeux
pour voir plein d’amertume
un petit oiseau qui vole
avec trois plumes.
Le bon Dieu voit ta peine
c’est le pasteur qui m’l’a dit :
– Aies l’âme sereine
tu iras au Paradis.
– Comment est-on là-haut
dans la vie éternelle ?
Le pasteur a répondu :
– On a des ailes
des ailes de plumes
comme les petits oiseaux
comme les petits oiseaux.
Porte-plumes
Porte-plumes.
Auteur Claude Nougaro, compositeur Jean-Michel Arnaud, © 1961 Éditions Musicales Alpha (Universal).
Chanson interprétée par Marcel Amont.
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