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Si je savais chanter

Si je savais chanter

si je savais chanter

ce que j’appelle chanter

eh bien, je n’s’rais pas là.

Si je savais chanter

si je savais chanter

la la la la la mi

eh bien je ne s’rais pas ici.

 

Je serais à Toulouse

au concours des Voix d’or

en train de leur chanter :

« J’aime le son du cor ».

 

Mon professeur de chant

Maestro Lavallieri

quand je chantais comm’ ça

me faisait moitié prix.

 

Il a le larynx de Caruso

dans un bocal, sur le piano

quand il a su que j’allais pousser la chansonnette

il a voilé le bocal avec du crêpe.

 

Si je savais chanter

si je savais chanter

ce que j’appelle chanter

eh bien, je n’s’rais pas là.

Si je savais chanter

si je savais chanter

la la la la la mi

eh bien je ne s’rais pas ici.

 

J’aurais gagné peut-être

le concours des Voix d’or

en leur chantant comm’ ça :

« J’aime le son du cor ».

 

Mon professeur de chant

Maestro Lavallieri

m’aurait pris dans ses bras :

« Mon petit, mon petit. »

 

Il a aussi les cordes vocales

de Chaliapine, près du bocal

elles sont dans un écrin tapissé de soie bleue

il me les aurait offertes, les larmes aux yeux…

 

Si je savais chanter, si je savais chanter

– Le soir au fond des bois –

je ne serais pas là !

je ne serais pas là !

 

 

© 1961 Auteur Claude Nougaro, compositeur Jacques Datin.
Chanson interprétée par Philippe Clay.

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